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Crème solaire en automne : faut-il continuer quand le soleil baisse ?

Crème solaire en automne : ce que les UVA font toute l'année, ce que dit l'indice PA japonais, et comment garder le geste sans alourdir la peau.

Oui, il faut continuer. Les UVA représentent environ 95 % des ultraviolets qui arrivent jusqu'à nous, ils changent très peu avec les saisons, et ils traversent les vitres. Ce qui baisse en octobre, c'est la chaleur et le risque de coup de soleil. Pas le rayonnement qui marque la peau sur la durée.

C'est le geste qu'on lâche en premier. Le tube part au fond du tiroir avec les lunettes de soleil, et il n'en ressort qu'en juin. On se dit qu'il fait gris, que ce n'est plus la saison, et honnêtement, c'est ce qu'on a tous appris.

L'industrie l'a mesuré, d'ailleurs. En septembre 2026, la marque américaine EltaMD a lancé une campagne d'automne dont le seul but était d'enrayer cette chute saisonnière. Au Japon, elle n'existe pas vraiment : la protection solaire y est une étape de routine, pas un accessoire de plage.

Pourquoi les UVA ne baissent pas comme la lumière

Il y a deux sortes d'ultraviolets, et ils ne se comportent pas du tout pareil. Les UVB sont ceux du coup de soleil, et ils s'effondrent en hiver chez nous.

Les UVA, eux, sont là toute l'année. Ils descendent plus profond, jusqu'où vivent le collagène et l'élastine, et ce sont eux qui font vieillir la peau.

Le verre achève de compliquer les choses. Une vitre simple arrête presque tous les UVB, mais laisse passer une bonne partie des UVA. Derrière une fenêtre de bureau, vous recevez donc ce qui marque et rien de ce qui brûle. Personne ne pense à mettre de la crème pour aller travailler, et c'est bien le problème.

Ce que l'indice PA japonais ajoute au SPF

Le SPF ne parle que des UVB. Un SPF 50 sans autre mention vous protège du coup de soleil, et vous laisse le reste.

Le Japon a réglé la question tôt. En 1996, la Japan Cosmetic Industry Association a créé l'indice PA, pour Protection Grade of UVA. L'échelle allait de PA+ à PA+++, et un quatrième niveau, PA++++, est venu s'ajouter en 2013.

Voilà pourquoi un écran japonais affiche deux mentions côte à côte, du genre SPF 50+ PA++++. La première dit le coup de soleil, la seconde dit le vieillissement.

L'Europe dit la même chose à sa façon. La recommandation 2006/647/CE demande que la protection UVA atteigne au moins le tiers du SPF affiché, et autorise alors le petit logo « UVA » entouré d'un cercle. Pas de cercle, pas de garantie.

MentionCe qu'elle mesureOù on la lit
SPFLes UVB, donc le coup de soleilPartout
PA+ à PA++++Les UVA, donc le vieillissementJapon, Corée
UVA dans un cercleUVA au moins égale au tiers du SPFUnion européenne

Est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Oui, et c'est mesuré. L'essai de Nambour, publié par Hughes et ses collègues dans Annals of Internal Medicine le 4 juin 2013, a suivi 903 adultes de moins de 55 ans pendant quatre ans et demi.

Le groupe qui appliquait de la crème tous les jours n'a montré aucune augmentation détectable du vieillissement de la peau. Chez ceux qui en mettaient au gré des occasions, le vieillissement mesuré était supérieur de 24 %.

Une réserve, parce qu'elle est honnête : l'essai s'est déroulé dans le Queensland, en Australie, où le soleil tape bien plus fort qu'ici. Chez nous, l'effet est sans doute plus lent. Il va dans le même sens.

À quel moment du millefeuille se pose la protection ?

En dernier, le matin, après la crème et avant le maquillage. C'est la seule couche du rituel dont la place ne se discute pas : elle doit former un film continu en surface, et rien ne doit venir la diluer ensuite.

Le soir, elle ne sert à rien. En revanche, elle se retire correctement : un écran résistant à l'eau ne part pas à l'eau seule, il lui faut un corps gras, comme l'explique l'article sur le double nettoyage.

Si l'ordre des couches ne vous dit rien encore, l'article sur les étapes du layering les reprend une par une.

Comment tenir le geste quand il fait gris ?

En changeant de produit plutôt qu'en changeant d'avis. Si on arrête, ce n'est presque jamais par oubli : c'est parce qu'une crème lourde et blanche, en novembre, sur une peau qui tire déjà, devient une corvée.

Les textures japonaises ont été pensées pour tous les jours : des laits fluides, des gels aqueux, des essences solaires qui se posent comme une lotion. Beaucoup s'achètent en ligne, et les marques européennes proposent maintenant des fluides comparables en pharmacie.

Sur la quantité, la règle de laboratoire est de 2 milligrammes par centimètre carré, ce qui ne parle à personne. En pratique : deux doigts de crème, l'index et le majeur, du bout jusqu'à la base. Ça couvre le visage et le cou.

Et si vous passez la journée à l'intérieur, loin d'une fenêtre, sauter un jour n'a rien de grave. Un rituel doit tenir des années. Une règle qu'on ne peut pas suivre, on l'abandonne.

Le voile blanc, et les peaux qui le supportent mal

Le voile blanc vient des filtres minéraux, l'oxyde de zinc et le dioxyde de titane, qui réfléchissent la lumière et laissent un dépôt clair. Plus la carnation est mate, plus il se voit.

Les filtres organiques, majoritaires dans les formules japonaises et coréennes, ne laissent pas ce dépôt. En revanche, ils demandent d'être appliqués généreusement pour tenir leur indice.

Ce n'est pas un détail de coquetterie : un produit qui grise le teint ne sera pas remis le lendemain.

Le saviez-vous ?

Avant 1996, aucune étiquette au monde ne disait ce qu'un produit faisait contre les UVA. Le Japon, où la question des taches est un sujet ancien, a construit la première échelle lisible. L'Europe a suivi dix ans plus tard, avec son petit cercle.

Ce qu'il faut retenir

  • Les UVA, environ 95 % des ultraviolets au sol, varient peu selon la saison et traversent les vitres.
  • Le SPF ne dit rien des UVA : cherchez PA++ au minimum, ou le cercle UVA sur un produit européen.
  • Quatre ans et demi d'usage quotidien, et 24 % de vieillissement en moins dans l'essai de Nambour.
  • La protection se pose en dernier le matin, et se retire le soir avec une huile.
  • Choisissez une texture que vous supporterez en novembre, pas la plus impressionnante sur le papier.

Sources

  • Hughes MC, Williams GM, Baker P, Green AC, Sunscreen and prevention of skin aging: a randomized trial, Annals of Internal Medicine, 4 juin 2013, 158(11):781-790 — 903 adultes, 4,5 ans, Nambour, Australie.
  • Commission européenne, Recommandation 2006/647/CE du 22 septembre 2006 relative aux produits de protection solaire — protection UVA au moins égale au tiers du SPF, logo « UVA » dans un cercle.
  • Japan Cosmetic Industry Association, système PA fondé sur la méthode de pigmentation persistante, introduit en 1996, quatrième niveau PA++++ reconnu en 2013.
  • NewBeauty, EltaMD Launches Fall Campaign Aimed at Reversing Seasonal Drop in Sunscreen Use, 9 septembre 2026.

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